La baignoire n'a pas été lavée, scandale ! Qui aurait envie de se prélasser dans un baquet souillé, je vous le demande ? Je me plains auprès de Camille : il est inacceptable d'être confrontée à un tel laisser-aller au moment où je me prépare à vivre une heure inoubliable !

— Comment ça, dégueu ? me répond-elle. Pfff, d'accord j'ai pas nettoyé mais en tout cas c'est moins dégueu que ce que tu vas faire.

(Quoi ? Qu'a-t-elle à me reprocher ? Je transporte juste dans la salle de bains, bien serrés contre mes seins, 14 yaourts périmés, je ne vois pas où est le problème.)

— Mais t'as rien compris au luxe, ma pauvre ! lui dis-je.

Et j'ouvre tous mes yaourts pour les verser dans mon bain.



En fait non ! J'avoue que juste avant ce stade-là, je me suis ravisée. Un gros tas de pots de yaourts vides et sales dans ma salle de bains, beurk, très peu pour moi : la cuisine, tout de même, cela se fait à la cuisine !...

Du coup, je suis retournée dans ma cuisine et j'ai versé le contenu de tous les yaourts dans une grande casserole (en les goûtant au passage : s'ils avaient été aigres, je ne les aurais pas utilisés). Puis jeté les pots vides dans la poubelle, bye.





Le bain est en train de couler.

Je reviens en vitesse dans la salle de bains avec ma grosse casserole de yaourt, qui contient donc 14 x 125 ml = 1,75 litre de yaourt dites donc, mine de rien !...

La belle Cléopâtre n'a qu'à bien se tenir ! (Bon d'accord, mes yaourts à moi sont périmés alors que le lait de ses royaux bains était tout frais tiré du pis de l'ânesse, mais tout de même, je sens dans ma casserole le parfum du luxe.)





L'impression de remous lactés est particulièrement plaisante. Cela m'attire. Je me déshabille impatiemment.

Voyons donc quels seront les effets du bain au yaourt. Apaisants ? Adoucissants pour la peau ? C'est ce que j'espère en tout cas.

Tout comme Cléopâtre : je veux tout comme elle ! J'ai déjà le grand nez, je veux à présent les bains voluptueux, la peau laiteuse, et pourquoi pas les amants nobles et fortunés tant qu'on y est.

Je me plonge dans mon immeeeeeense piscine d'appartement (une barbotière standard vendue par Castorama dans les années 70, à mon grand regret).

Pas d'odeur spécifique pour ce bain, tiens ! C'est mon premier étonnement. Cela sent l'eau chaude, sans plus. Avec un arrière-fond de fraîcheur mais strictement indéfinissable. Flûte alors ! Tout ça pour ça !!!...

Il faut que je fasse trempette au moins 30 mn si je veux du résultat. Mais ce que je m'ennuie, mon Dieu ! Alors je regarde émerger lentement différentes parties de mon anatomie :



Le lait n'a pas caillé, encore heureux, j'avais une petite inquiétude à ce propos. Mais le bain est bien laiteux, encore heureux là aussi, sinon vous auriez tout vu.

Je fais émerger un peu plus haut mon genou histoire de me distraire et de vous prouver l'opacité de mon eau de luxe :



Sans odeur, sans saveur et sans lait caillé, quand même... qu'est-ce qu'on s'embête, décidément ! Heureusement que j'ai apporté la radio, c'est une rediff de Ruquier sur Europe 1, bonne idée de mettre cela entre 16 et 18 heures le dimanche.

Je me suis juré de rester... encore 25 mn, mine de rien ! Pour savoir à coup sûr si ma peau ressort plus douce de ce bain.

C'est là que, pour me distraire et m'admirer en attendant, j'ai commencé à faire de la natation synchronisée. Pieds cambrés, figures parallèles, en déployant beaucoup de grâce, je vous prie de le croire.

Malheureusement, mon appareil-photo a tellement grossi le premier plan que mes mollets, pourtant pas gras de nature, ont été transformés en gros gigots dodus par les photos. Scandale !!! Je ne maîtrise pas ces prises de vue, ça se voit, c'est absolument énorme, je suis toute déformée.

Je vous dois bien un petit aperçu mes enfants, vous qui me faites le plaisir d'assister à mon bain dominical... Le voici, mais de loin ! J'ai fait une simple capture d'écran, vous comprendrez mon désarroi en voyant aux deux lignes du bas cet assortiment de gigots luisants qui sont censés être mes jambes : 



J'ai attendu sagement l'expiration de mes 30 mn chrono, je me suis soigneusement rincée sous la douche, il y avait parfois comme des particules de lait à la surface de ma peau, j'ai bien frotté. Ensuite, après séchage, pas d'odeur, juste une odeur fraîche (je n'ai rien mis d'autre, pas de savon, pour ne pas dénaturer).

Quel bilan, alors, en fin de compte ?

Mouaif. Sympa sans plus. J'ai surtout été contente de ne pas jeter les yaourts que Camille me fait acheter et qu'elle laisse systématiquement atteindre la date de péremption, qu'est-ce que ça m'agace ! En plus, elle a obstinément refusé de m'embrasser après mon bain, elle trouvait véritablement cela dégoûtant (je ne comprends pas pourquoi ! A moins que je ne sois folle, un bain lacté n'est-il pas le fantasme de toute femme normale ? Jacques, lui, au moins, n'a pas été gêné, ça m'a consolée.)

Ma peau était douce, mais pas plus qu'après une bonne douche. Elle sentait une odeur fraîche et naturelle.

Dans du lait pur, je préférerais, pour une prochaine fois...

Je vous raconterai bientôt à quoi me sert vraiment le yaourt pour la beauté du corps, et aussi quel bain je trouve le plus génial, pour l'avoir testé, contre un état déprimé. Le genre de chose qui ne coûte rien et qui vous fait infiniment plus de bien qu'un bain aux perles d'or — ou autres petites débilités "jet-set" toujours onéreuses, souvent grotesques.

A bientôt !



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