Pour ma part, je ne suis pas du tout desserts et sucreries. A la fin d'un bon repas, rien de mieux pour me punir que de m'obliger à consommer un dessert ! Or, pourtant, j'ai quelques souvenirs de desserts vraiment irrésistibles. Et l'un d'eux en particulier, le plus simple qui soit, mais qui m'a aussi semblé le meilleur de la Terre.

C'était à la fin d'un splendide dîner de mezze libanais, accompagnés d'un jambon Pata Negra que ma belle-soeur Hélène avait rapporté d'Espagne. Pour clôturer ce pantagruélique festin, Hélène nous apporte un saladier rempli de tranches d'oranges fines, fraîches, sans aucun artifice, ajout ni assaisonnement. Juste épluchées à vif et coupées en quasi-carpaccio.
"Tu sais, j'ai tellement bien dîné, je ne sais pas si..., ai-je commencé.
— Tiens, goûte juste une tranche", m'a dit Hélène.
J'ai pris deux tranches et, là, à ma vraie stupéfaction, j'ai connu tout simplement le paradis. Ce splendide dîner avait son point d'orgue dans ces tranches d'orange.



D'abord, reconnaissons qu'Hélène avait choisi des oranges absolument délicieuses. Mais leur fraîcheur (en température comme en pureté de goût) et leur côté acidulé m'ont conquise comme jamais je n'aurais pensé pouvoir l'être par un fruit aussi banal qu'une orange.

J'en ai racheté l'autre jour, j'avais terriblement envie d'un carpaccio d'oranges. Je sais, ce n'est pas la saison et pourtant on en trouve partout, des oranges ! Ouille, celles-ci viennent d'Argentine en plus — la honte pour la locavore dans l'âme que je suis.





Bon, attaquons !

(Je commence par le carpaccio, ensuite je vous ferai une variation étoilée du plus bel effet, selon la petite astuce décorative que nous devons au chef Eric Léautey.)


Carpaccio d'abord, donc.


Ici, il faut éplucher l'orange à vif : c'est-à-dire enlever non seulement la peau extérieure orange, mais aussi toute trace de peau blanche. 



On découpe les tranches.

Hélène les avait faites plus fines, c'était mieux. Mais j'ai la flemme de m'appliquer.



En faisant ce dessert, je pense à moi bien sûr, mais encore plus aux hommes et aux enfants : car préparer les fruits, c'est leur en faire manger. Tout bonnement. 



Posez une orange devant un homme, il ne la regardera même pas...
Posez sous ses yeux une assiette de ces tranches, même épaisses et mal disposées, et vous m'en direz des nouvelles : sitôt servi, sitôt dopé à la vitamine C, l'homme !



Ça vaut la peine. Honnêtement, c'est tout simple et cela assure un bon apport de fraîcheur et de vitamines à toute la famille.



Le secret d'un dessert aussi bon, en fin de compte ?... Mais le NA-TU-REL, mes enfants, uniquement le naturel !

Ici, pas de thé matcha, de vanille Bourbon, de cannelle ou d'eau de fleur d'oranger, pas de complication : juste la présentation accessible et la grande qualité de ces fruits, qui sont trop bons en eux-mêmes pour qu'on les couvre systématiquement d'arômes et d'épices des contrées lointaines — ça, qu'est-ce que j'en ai marre !

Vive le goût de la nature, non ? Il est souvent parfait. Une belle cerise a-t-elle toujours besoin d'un alcool ou d'un clafoutis autour d'elle pour être sublime ? Moi je pense que non. Et puis, trop de complication au stade du dessert, sauf si c'est un fraisier ou une charlotte aux framboises (eh oui, on a ses petites faiblesses), bof bof... : l'exotisme et les goûts multiples, à ce stade-là, je sature.

Juste un petit conseil : pensez à réfrigérer vos oranges une fois coupées, et sortez votre saladier ou votre plat un peu avant le moment du dessert, pour qu'elles aient quelques minutes pour se reparfumer naturellement.


Variation étoilée, à présent, si cela vous dit ?


Cette fois, vous pelez l'orange, mais surtout pas à vif ! Vous laissez la peau blanche :



Puis vous la coupez en tranches — exactement comme dans la version précédente, mise à part la présence de la peau blanche à la circonférence :



Il vous suffit ensuite de retenir deux tranches de diamètre légèrement inégal (ci-dessus).

Vous mettez la plus petite tranche dans un coin, et vous faites des entailles au couteau entre chaque quartier de la plus grande tranche :



Pas besoin de finasser, vous y allez comme ça vient. Il faut juste veiller à ne pas entailler la grande bordure blanche autant que possible, mais sinon, vous faites ça à la cool :



Lorsque tous les quartiers ont été séparés, vous soulevez la tranche par-dessous, en faisant remonter le centre. L'orange se sépare alors en petites divisions :



Et hop, vous retournez toutes les pointes vers l'extérieur, pour ramener la peau blanche vers l'intérieur :



Vous n'avez plus qu'à ajuster, pour faire un soleil aussi rond et bien fichu que possible :



Ensuite, vous imaginez toutes sortes de décorations et d'alliances : on peut "farcir" le centre de ces soleils avec plein de choses, que ce soient d'autres fruits, mini-gâteaux, tartelettes...

Tiens, essayons avec une rondelle de kiwi, pour encore plus de vitamine C, sans parler du coup d'oeil coloré :



Oh flûte alors, j'avais pourtant pris une tranche d'orange de diamètre légèrement supérieur à celui du kiwi !

Mais quand ça ne veut pas, que voulez-vous, ça ne veut pas.
Alors tant pis, je superpose :



Quand même, je veux vous refaire le soleil parfait. Je reprends une autre tranche.

Et re-flûte ! Celle-ci est trop grande !!!



Bon, enfin, voilà, vous avez vu l'essentiel. A vous de faire mieux !

En tout cas, même imparfaitement réalisé, moi je trouve cela beau, mignon, frais, bon pour la santé et plaisant à l'oeil. Et puis, c'est léger pour ceux qui n'aiment pas les desserts.

Une tranche d'orange à chaque repas, sur une année entière, cela fait forcément une différence pour votre santé. Evidemment, "à chaque repas" j'exagère, mais c'est pour dire. En matière de santé-plaisir, il n'y a pas de petit profit, et il n'y a souvent que de petites trouvailles !



En plus, le stade de la préparation occupe admirablement les gosses, savez-vous ?! ;-)

Alors merci Eric Léautey, qui nous a présenté cette astuce sur Cuisine TV il y a quelques années.

A présent, je vous dis à demain...
Un petit coup de mou ? Vous voulez vous retaper ? Demain je vous présenterai un petit bain (vraiment) anti-déprime qui ne vous occasionnera qu'un surcoût de 0,77 € pour un matériau trouvable dans tous vos commerces de quartier. Soit environ... 104,33 € de moins qu'une visite au spa du coin ! Et pour un grand sentiment de mieux-être : désormais, je me garantis un bain comme cela par semaine, au minimum. Question de survie. ;-)




Si vous n'êtes pas abonné, découvrez la formule d'abonnement qui vous donnera accès à l'intégralité des articles de ce site : 3 € pour 3.mois
.!

Vous pouvez aussi vous abonner directement en cliquant ci-dessous :






Répondre à cet article